Erreur de casting… Véritable meneur d’hommes, N’Golo avait laissé à ses connaissances lointaines et collaborateurs l’image d’un homme plein de vie, énergique, c

Véritable meneur d’hommes, N’Golo avait laissé à ses connaissances lointaines et proches collaborateurs l’image d’un homme plein de vie, énergique, créatif et aimant penser aux nouvelles idées et théories possibles. Du genre rationnel, il aimait quand sa vie était organisée, bien structurée. Tant ses amis que les autres le trouvaient très charismatique. De tous les types de personnalité, il était le plus à même de guider les autres ou de les inspirer. Il croyait fermement que rien n'était impossible quand on savait insister. Lui-même était logique, organisé, structuré ; il avait une personnalité forte et une grande confiance en soi se dégageait de lui. Tout le monde retenait de lui qu’il savait communiquer et donnait beaucoup d'importance à son vis-à-vis par son sens élevé de l’écoute. En amour, il était énergique, enthousiaste et s'engageait toujours sérieusement. Il s’efforçait de comprendre les sentiments des autres. Il s’entendait très bien avec toutes les femmes, en particulier celles du même genre que lui, c’est-à-dire meneuses. Mais ça, c’était dans la sphère publique.

Dans l’intimité, N’Golo était une tout autre personne. Une fois qu’ils étaient seuls dans sa voiture ou à la maison loin du regard des autres, Oumoudjan vivait un véritable calvaire à ses côtés. Il se montrait jaloux, possessif, acariâtre et inquisiteur quand d’autres hommes lui tournaient autour ou même lui faisaient des compliments. Elle s’en plaignit d’abord à sa meilleure amie, puis à sa cousine et enfin à sa mère. Toutes lui avaient conseillé de supporter, car, selon elles, le mariage, c’était pour le meilleur et pour le pire. D’ailleurs, lui avait dit Salimata, tout cela était le témoignage maladroit de l’amour que N’Golo éprouvait pour elle. Elle trouva refuge dans les larmes, essuyées furtivement pour accueillir avec le sourire les visiteurs. Et puis un jour, les coups commencèrent à pleuvoir, d’abord une gifle parce qu’il y avait une tache sur sa chemise, puis un coup de poing parce qu’elle répondait avec des onomatopées à un coup de fil et de plus en plus de coups violents pour une raison ou une autre.

 

N’en pouvant plus, elle profita un jour du fait qu’il était malade alité dans sa chambre pour lui signifier qu’il était à sa merci, parce qu’il ne pouvait rien faire par lui-même et qu’il n’y avait pas d’autopsie dans les usages au Mali. Elle lut dans son regard une terreur indicible mais n’éprouva aucune pitié pour lui, tant il lui avait fait subir le martyre. Elle entendit un bruit dans le salon et sortit de la chambre. Elle y trouva Patrice, un camarade d’arme de promotion de son mari à l’école de guerre, présent au Mali comme attaché militaire à l’ambassade de son pays. Elle lui adressa un sourire, se demandant si elle n’avait pas parlé plus haut qu’il ne fallait…